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Franchises jeunes ou matures, quelles différences?


Les chiffres clés de 2023

EN France

La France est la première en Europe avec 1972 réseaux de franchise et génère 76,6 milliards de chiffre d’affaires en augmentation régulière depuis les années 90. Tous les secteurs sont représentés et démontrent la pertinence de ce modèle économique qui a su s’exporter avec succès dans le monde entier.

● Le modèle est en progression sur les 4 indicateurs que sont :
- le nombre de réseaux (+3.2%),
- le nombre de points de vente franchisés (+9%),
- le CA (+15.5%)
- le nombre d’emplois directs et indirects (+13%).

● Le nombre de points de vente et le chiffre d’affaires sont en progression dans la quasi-majorité des secteurs. On constate notamment une très forte croissance du nombre de points de vente franchisés (+9% p/r à 2022, indicateur déjà en hausse l’année dernière de 6,8%).

● La poursuite de la pénétration de la franchise dans tous les formats de la distribution se confirme et ce phénomène tend à se généraliser sur l’ensemble des secteurs d’activité.

● Sur un périmètre comparable, la croissance de CA des activités en franchise est nettement supérieure à la moyenne de l’activité globale, avec une hausse de 15,6% versus 7,7% (dans un contexte inflationniste à 4,9% en 2023). Cette surperformance se constate pratiquement dans tous les secteurs.

Top 3 des secteurs en chiffres d’affaires

1 ALIMENTAIRE : 32,45 milliards d’euros soit +15,5% vs 2022
2 EQUIPEMENT DE LA MAISON : 10,34 milliards d’euros soit +10,8% vs 2022
3 RESTAURATION RAPIDE : 8,91 milliards d’euros soit +24,3% vs 2022

L’alimentaire et l’équipement de la maison restent en tête des secteurs pesant le plus lourd en franchise. On retrouve à la 4ème place les Commerces divers avec 8.68 milliards d’euros (+18.3% p/r 2022), suivie de l’Équipement de la personne à la 5ème place avec 6.29 milliards d’euros (+7.1% p/r 2022).

A L'International

Sur les 5 continents, ce ne sont pas moins de 40 000 enseignes présentes pour 3 millions de points de vente ! Une réussite qui tient au savoir-faire et à la durabilité de ce mode de commerce. La franchise a trouvé sa place quasiment partout sur la planète : un modèle économique à succès qui a su s’adapter à tous les pays par sa capacité à offrir des concepts variés répondant à des besoins très larges.

L’Europe qui se tient en première ligne. Elle compte autant d’enseignes que les autres zones géographiques : soit environ 14 000 enseignes
- les USA en dénombre 3 500,
- la Chine 4 000,
- le Canada 1 200,
- le Brésil 3 000,
- l’Australie 1 100.

La franchise s’est développée dans les 27 pays de l’UE avec en tête la France suivie de la Belgique et des Pays-Bas. Si en moyenne, ce sont 800 enseignes franchisées par pays, la France revendiquait 1972 réseaux. La France fait donc figure de leader sur le marché européen et se classe à la 3ème place mondiale.

Rejoindre un réseau mature, la valeur sûre…

En toute logique, la majorité des candidats souhaite rejoindre un réseau qui marche et dont le concept cartonne à l’échelle nationale, voire internationale. C’est même l’une des principales raisons pour lesquelles un futur entrepreneur choisit la franchise pour créer son entreprise : acheter un concept clé en main dont le succès a été éprouvé et peut être dupliqué par un tiers. D’ailleurs, 50 % des franchisés qui se sont lancés ont sélectionné leur enseigne pour la notoriété de la marque et 38 % pour bénéficier d’un accompagnement et de moyens qui ont fait leurs preuves. C’est dire l’importance du savoir-faire et de l’expérience d’un réseau de franchise pour recruter de nouveaux candidats.

Les inconvénients

Mais rejoindre un réseau mature, bien établi dans le monde de la franchise, se transforme souvent en véritable parcours du combattant. Tout d’abord parce que de telles enseignes ont généralement déjà ouvert un grand nombre de points de vente et ne recrutent donc plus de candidats à tour de bras. Et, quand elles le font, il y a foule, tout le monde essayant de décrocher le fameux sésame. En plus de devoir jouer des coudes pour que sa candidature sorte du lot, le candidat devra également accepter de respecter un certain nombre de conditions souvent plus contraignantes au sein d’un réseau mature.

Un réseau de franchise mature exigerait, selon certains, des droits d’entrée d’autant plus élevés que l’enseigne est développée et connue (ce qui reste à prouver et me semble une idée reçue). Le candidat doit donc disposer d’un apport personnel conséquent. Cependant, en contre-partie de cet important droit d’entrée, le candidat bénéficie d’un bien meilleur soutien en rejoignant un réseau établi plutôt qu’un jeune réseau.

Selon la 11e enquête franchise réalisée par la Fédération Française de la Franchise et la Banque populaire, le niveau de l’apport personnel alloué au projet de création est en moyenne de 42% du coût du projet. Ce serait donc un peu plus souvent des profils de seniors qui investissent les réseaux matures (cadres en reconversion ou investisseurs) car ils veulent assurer l’avenir de leur projet à plus court terme. La prise de risque est limitée au maximum et le savoir-faire acquis depuis de nombreuses années donne à la marque une légitimité auprès des partenaires commerciaux et des organismes bancaires qui libèrent plus facilement des prêts car ils connaissent bien le business de l’enseigne.

Intégrer une jeune enseigne, un pari ?

Inversement, rejoindre un jeune réseau semble plus facile en termes de parcours du candidat. Les postulants sont censés être moins nombreux tandis que le franchiseur a plutôt intérêt à recruter rapidement ses premiers franchisés pour lancer son développement et donner envie à d’autres porteurs de projet de rejoindre l’aventure. Toutefois, ce pari peut parfois sembler risqué : les premiers franchisés d’un réseau paient parfois les pots cassés d’un développement ou d’une animation de réseau mal gérés par le jeune franchiseur qui, in fine, apprend un nouveau métier et peut donc commettre des erreurs. D’autant qu’ils ne disposent d’aucun élément de comparaison pour se forger une idée de ce qui les attend en créant leur entreprise avec cette franchise. La prudence est donc d’autant plus de mise avec les jeunes réseaux.

Mais cela ne signifie pas pour autant qu’entreprendre avec une enseigne qui vient de se lancer est une idée à bannir d’office. Au contraire, cela permet par exemple d’ouvrir une franchise à moindre coût, le franchiseur pouvant éventuellement offrir ou négocier à la baisse les droits d’entrée de ses premiers franchisés. Et la relation créée avec la tête de réseau lorsque l’on est un franchisé historique est tout à fait particulière et unique : souvent, les premiers éléments d’un réseau ont contribué à son essor et à son amélioration. Une fois l’enseigne sur les rails, ils deviennent alors de véritables ambassadeurs qui ont voix au chapitre et participent activement à la vie du réseau.

En intégrant un réseau jeune, le futur franchisé doit être conscient qu’il ne bénéficie pas d’un même niveau de notoriété et de savoir-faire et qu’il devra peut être encore démontrer que le concept est bon et rentable. En effet, lorsqu’il s’agit d’un réseau déjà bien établi, la marque suffit à elle seule à attirer la clientèle grâce notamment à la communication et au marketing à échelle nationale.

L’investissement ne varie pas selon l’ancienneté et l’importance du réseau sauf si le réseau est moins exigeant ou moins prudent, ce qui arrive. Mais la marge de négociation sera plus grande si on fait partie des tout premiers franchisés. Le franchiseur cherche à développer son réseau et s’il trouve des profils correspondant bien à son concept, il pourra parfois faire des concessions sur certaines clauses. La zone d’exclusivité sera quelquefois plus étendue que celle d’un réseau mature par exemple. Le franchisé gagne également, en intégrant un jeune réseau, l’opportunité d’être un acteur principal dans l’évolution du concept mais également une relation privilégiée avec le franchiseur.

Faire acte de prudence sur l’étude de la rentabilité est à prendre en compte. Il vaut mieux mettre la barre moins haute pour tenir plus longtemps.

Faire une étude de marché approfondie est nécessaire sur le marché local (l’étude au niveau national peut être encourageante mais il faut la ramener au marché local où sera implantée le point de vente) Il faut faire sa propre enquête sur les dirigeants, leur parcours professionnel. Enfin, jeune franchise ou pas, il faut visiter des franchisés en activité (pas seulement ceux que le franchiseur vous conseille).