Une expérience ancrée dans la mobilité internationale
Karine Gaultier a grandi à l’étranger et a été élève dans des lycées français à l’international. Aujourd’hui conseillère en orientation dans un lycée français international de la région de Washington, D.C., elle accompagne des collégiens et des lycéens aux parcours variés. Son expérience du recrutement et ses études en management et ressources humaines nourrissent aussi sa compréhension des compétences et du monde professionnel.
Une orientation progressive, personnalisée et concrète
KGConseils aborde l’orientation à partir des centres d’intérêt, des aptitudes et de la manière d’apprendre du jeune. Le projet prend également en compte l’autonomie, l’environnement universitaire, la destination et les contraintes familiales et financières. Le dialogue avec les parents aide à clarifier les options tout en laissant le jeune acteur de ses décisions.
La présentation de Karine Gaultier
Accompagner un jeune dans son orientation, ce n’est pas simplement l’aider à choisir une formation ou à remplir un dossier de candidature. C’est avant tout l’aider à mieux se connaître, à comprendre les possibilités qui s’offrent à lui et à construire progressivement un projet qui lui ressemble. C’est cette conviction qui guide mon travail depuis plusieurs années.
L’international fait partie de mon histoire personnelle. J’ai grandi à l’étranger, été moi-même élève dans des lycées français à l’international, et j’ai continué à vivre entre différents pays à l’âge adulte. Cette expérience me permet de comprendre très concrètement les réalités des familles expatriées et des jeunes qui construisent leur parcours entre plusieurs cultures, plusieurs systèmes éducatifs et parfois plusieurs pays. C’est pour cette raison que j’ai à cœur de proposer un accompagnement très personnalisé. Derrière chaque dossier, il y a avant tout un jeune, avec sa personnalité, ses envies, ses hésitations et parfois ses inquiétudes. Mon rôle est de l’écouter, de l’aider à y voir plus clair et de construire avec lui et sa famille un projet qui lui corresponde vraiment.
Conseillère en orientation au sein d’un lycée français international dans la région de Washington, D.C., j’accompagne quotidiennement des collégiens et des lycéens dans leur réflexion sur leur parcours scolaire et leurs études supérieures. J’ai la chance de travailler dans un environnement particulièrement international, auprès d’élèves aux profils, aux parcours et aux projets très variés.
Cette expérience m’a permis de développer une connaissance approfondie des systèmes d’enseignement supérieur dans le monde, mais également des enjeux spécifiques auxquels sont confrontées les familles françaises ou internationales vivant à l’étranger.
Université, classe préparatoire, école de commerce, école d’ingénieurs, Sciences Po, formation spécialisée, études en France ou ailleurs… Le nombre de possibilités est considérable et il est parfois difficile, pour un jeune comme pour ses parents, de s’y retrouver.
À cela s’ajoutent les nombreux choix qui jalonnent le parcours scolaire : spécialités du baccalauréat, matières de l’IB, cours du High School Diploma, Parcoursup, formations sélectives, calendriers de candidature, doubles diplômes… sans oublier les différences parfois complexes entre les systèmes éducatifs français et internationaux.
Face à toutes ces possibilités, mon rôle est d’abord de rendre les choses plus claires.
Je souhaite que les élèves comprennent les choix qui s’offrent à eux plutôt que de simplement suivre une liste de recommandations. Je les aide à identifier leurs centres d’intérêt, leurs points forts, leurs priorités et la manière dont ils aiment apprendre. Nous pouvons ensuite explorer ensemble les formations susceptibles de leur correspondre et construire une stratégie cohérente.
Je suis particulièrement attachée à une approche personnalisée, concrète et pragmatique de l’orientation.
Il n’existe pas, selon moi, une seule “bonne” école ou un parcours idéal qui conviendrait à tout le monde. Une formation très prestigieuse peut être parfaitement adaptée à un élève et beaucoup moins à un autre. L’objectif est donc moins de chercher “la meilleure formation” que de trouver celles dans lesquelles le jeune pourra réellement apprendre, progresser et s’épanouir.
J’accorde également beaucoup d’importance au fait de commencer cette réflexion suffisamment tôt. L’orientation ne devrait pas apparaître soudainement en Terminale au moment de remplir Parcoursup. Elle se construit progressivement : découvrir des domaines, tester ses intérêts, effectuer un stage, rencontrer des professionnels, comprendre les différentes filières, visiter des établissements et, parfois aussi, changer d’avis!
C’est précisément ce cheminement qui permet à un projet de devenir plus solide.
Mon expérience auprès de familles évoluant entre plusieurs pays m’a également appris qu’un accompagnement efficace doit prendre en compte bien plus que les seuls résultats scolaires. Le projet d’études doit aussi être réaliste au regard de la personnalité du jeune, de son envie d’autonomie, du pays dans lequel il souhaite vivre, du type d’environnement universitaire recherché et, bien entendu, des contraintes familiales et financières.
J’accorde enfin une place importante au dialogue avec les parents. Leur rôle est essentiel, mais il n’est pas toujours facile de savoir jusqu’où intervenir. J’essaie donc de créer un espace dans lequel chacun peut poser ses questions, exprimer ses inquiétudes et comprendre les différentes options, tout en permettant au jeune de rester acteur de ses décisions.
C’est dans cet esprit que j’ai créé KG Conseils Orientation.
Mon objectif est de proposer aux jeunes et à leurs familles un accompagnement à la fois rigoureux, accessible et humain : prendre le temps de comprendre chaque situation, expliquer clairement les différentes possibilités et aider chacun à avancer étape par étape.
Si vous vous posez mille questions sur l’orientation de votre enfant et ne savez pas toujours par où commencer, c’est justement là que je peux vous accompagner : mettre de la clarté dans les possibilités, ouvrir des pistes et construire, ensemble, un projet qui lui ressemble.
Au plaisir d’échanger prochainement avec vous !
Interview de Karine Gaultier
Entretien transmis par KGConseils, reproduit intégralement.
1. Karine Gaultier, pouvez-vous nous présenter votre parcours et nous expliquer ce qui vous a conduite à vous spécialiser dans l’orientation post-bac et l’accompagnement des jeunes dans leurs choix d’études supérieures ?
Mon parcours n’a pas été directement orienté vers le conseil en orientation. J’ai d’abord suivi des études en management et en ressources humaines, avec un master dans chacun de ces domaines.
J’ai ensuite travaillé dans le recrutement. Cette expérience m’a permis de découvrir les divers secteurs du monde de l’entreprise et, surtout, de mieux comprendre ce que les employeurs recherchent : bien sûr des formations et des compétences, mais aussi des expériences, des parcours, des personnalités.
C’est en arrivant aux États-Unis que j’ai eu l’opportunité de travailler dans le domaine de l’orientation, et cela m’a immédiatement passionnée. J’y ai retrouvé ce qui m’avait particulièrement intéressée dans le recrutement : comprendre les profils, les compétences et les aspirations de chacun, mais cette fois en intervenant beaucoup plus tôt, au moment où le jeune commence à construire son parcours.
Finalement, il y a pour moi une vraie continuité entre ces différentes expériences : aider un jeune à mieux se connaître, à choisir une formation qui lui corresponde, mais aussi à réfléchir progressivement à ce qu’il souhaite construire pour la suite. Cela me permet aussi d’intégrer le monde de l’entreprise dans leur réflexion, pour les aider à faire des choix d’études qui s’inscrivent dans une vision plus large de leur avenir.
2. De nombreux lycéens hésitent entre plusieurs formations ou métiers. Comment les aidez-vous à mieux identifier leurs aptitudes, leurs centres d’intérêt et les parcours qui leur correspondent réellement ?
Je crois qu’il faut d’abord dédramatiser le fait d’hésiter. C’est complètement normal. On ne se réveille pas un matin à 16 ou 17 ans en sachant exactement ce que l’on veut faire, ou rarement! L’orientation est une réflexion qui se construit progressivement.
Mon rôle est justement d’aider le jeune à ouvrir cette réflexion et à l’alimenter. Cela passe par beaucoup de choses : lire, découvrir des domaines que l’on connaît peu, rechercher des formations et des métiers, mais aussi faire des stages, participer à des summer programs, rencontrer des professionnels, visiter des universités… Les tests d’orientation, lorsqu’ils sont sérieux et bien utilisés, peuvent également apporter des pistes intéressantes. Aucun de ces éléments ne donne à lui seul « la réponse », mais chacun apporte quelque chose à la réflexion.
Ensuite, il y a les éléments plus personnels et factuels : les aptitudes du jeune, ses motivations, ses centres d’intérêt, sa manière de travailler, ses résultats scolaires, mais aussi ce qu’il recherche dans ses études et dans son futur environnement.
J’aime voir l’orientation comme un cheminement, avec différentes étapes. À chaque étape, on apporte de nouvelles ressources, de nouvelles expériences et de nouvelles informations qui permettent d’avancer, parfois de confirmer une piste, parfois d’en écarter une ou d’en découvrir une autre.
L’objectif n’est donc pas d’avoir immédiatement la réponse, mais de donner au jeune les moyens de construire progressivement la sienne.
3. Parcoursup est souvent une source de stress pour les élèves et leurs parents. Quelles sont, selon vous, les principales erreurs à éviter lors de la préparation du dossier et de la formulation des vœux ?
Je préfère justement aborder Parcoursup de manière positive. Pour moi, c’est un excellent outil lorsqu’on a anticipé sa réflexion et que l’on est bien accompagné.
La première chose est d’arriver sur Parcoursup en ayant déjà réfléchi à son orientation. La plateforme n’est pas là pour décider à la place de l’élève. Au moment de formuler ses vœux, il devrait déjà avoir exploré les formations, compris les différentes possibilités et commencé à identifier celles qui correspondent à son profil, à ses résultats, mais aussi à ce qu’il recherche.
Ensuite, il faut construire ses vœux de manière cohérente et stratégique. Il ne faut surtout pas s’interdire d’être ambitieux, mais il est important de diversifier ses choix et d’avoir un équilibre entre différentes formations, avec plusieurs possibilités dans lesquelles on se verrait réellement poursuivre ses études.
Enfin, il faut prendre le temps de bien préparer son dossier : personnaliser les éléments demandés par les formations, expliquer ses motivations lorsqu’une lettre est requise et renseigner soigneusement les rubriques qui permettent de valoriser ses expériences, ses engagements et ses centres d’intérêt, même lorsqu’elles sont facultatives.
Finalement, lorsque ce travail a été fait en amont, Parcoursup devient beaucoup moins impressionnant. On avance étape par étape, on sait pourquoi on formule ses vœux, et la plateforme devient simplement l’outil qui permet de concrétiser une réflexion déjà bien engagée.
4. Les jeunes Français scolarisés à l’étranger connaissent parfois moins bien le système français d’enseignement supérieur. Comment adaptez-vous votre accompagnement à leur situation particulière ?
Je nuancerais peut-être l’idée que les jeunes Français scolarisés à l’étranger connaissent nécessairement moins bien l’enseignement supérieur français. Beaucoup de lycéens en France ont eux aussi besoin d’être accompagnés pour en comprendre les différentes filières et les possibilités.
Ce qui est différent lorsque l’on vit à l’étranger, c’est que l’on est moins facilement présent sur un salon étudiant ou une journée portes ouvertes. Mais aujourd’hui, cette distance est beaucoup moins problématique qu’elle ne l’était auparavant. Les établissements proposent énormément de ressources en ligne : présentations, brochures, webinaires, visites virtuelles, échanges avec les équipes d’admission ou avec des étudiants…
Mon rôle est surtout de rendre toutes ces ressources accessibles et compréhensibles pour les élèves. Je leur explique le fonctionnement des différentes filières, je leur transmets les informations pertinentes et j’organise également, lorsque c’est possible, des rencontres avec des universités et des écoles.
Et puis l’accompagnement permet surtout de faire le tri. Le problème aujourd’hui n’est finalement pas tellement le manque d’information que la quantité d’information disponible. Il faut aider le jeune à identifier ce qui est pertinent pour lui, à comprendre les différences entre les formations et à savoir où chercher lorsqu’il a besoin d’une information précise.
5. Le retour en France après plusieurs années d’expatriation peut compliquer le choix d’une formation et la constitution du dossier Parcoursup. À quel moment conseillez-vous aux familles de commencer à préparer cette transition ?
Le retour en France après plusieurs années à l’étranger est une transition qui se prépare progressivement, et plus elle est anticipée, plus elle peut être abordée sereinement.
Idéalement, la réflexion commence progressivement dès la Seconde et se précise en Première. Cela permet au jeune de découvrir les différentes possibilités, de comprendre le système français, d’explorer les formations et, lorsqu’il rentre en France pendant les vacances, de profiter de ces séjours pour visiter des établissements ou participer à des journées portes ouvertes.
Mais pour un jeune qui a grandi plusieurs années à l’étranger, la réflexion ne porte pas uniquement sur la formation. Il faut aussi se demander ce que signifie concrètement revenir étudier en France. Est-ce réellement son souhait ? Dans quelle ville se projette-t-il ? Quel type d’environnement recherche-t-il ? Est-il prêt à vivre seul en France si sa famille reste à l’étranger ? Toutes ces questions font partie du projet.
L’idée est donc d’avancer progressivement, pour qu’en Terminale, au moment de formuler les vœux, on ne découvre ni Parcoursup, ni les formations, ni le projet de retour en France. Parcoursup devient alors simplement la dernière étape d’une réflexion qui a déjà eu le temps de mûrir.
6. Certains jeunes expatriés souhaitent poursuivre leurs études dans un autre pays plutôt que de rentrer en France. Pouvez-vous les accompagner dans la comparaison des formations françaises et internationales ?
Oui, tout à fait, et c’est même une dimension importante de mon accompagnement. Pour un jeune qui a grandi à l’étranger, il est assez naturel d’envisager plusieurs pays pour ses études supérieures et de ne pas se limiter à la France.
L’objectif est alors de comparer les possibilités de manière très concrète. On ne compare pas seulement les formations ou la réputation des établissements : on regarde aussi les systèmes d’admission, le contenu et l’organisation des études, les méthodes d’enseignement, la durée des cursus, le coût, mais également l’environnement dans lequel le jeune va évoluer.
Il faut aussi tenir compte du profil de l’élève. Certains vont rechercher beaucoup d’autonomie, d’autres davantage d’encadrement ; certains souhaitent se spécialiser rapidement, tandis que d’autres préfèrent conserver une formation plus généraliste pendant quelques années. Un même élève peut avoir accès à d’excellentes formations dans plusieurs pays, mais vivre des expériences très différentes selon le système choisi.
Mon rôle est donc de l’aider à comprendre ces différences pour qu’il puisse comparer ce qui est réellement comparable et faire un choix éclairé, en fonction de son projet, de sa personnalité et bien sûr des réalités familiales et financières.
7. Quelle place accordez-vous aux parents dans votre méthode d’accompagnement, notamment lorsque leur vision de l’avenir diffère des aspirations de leur enfant ?
Les parents ont une place importante dans l’accompagnement, et je tiens à les associer à la réflexion. Ils connaissent leur enfant, ils ont leur propre expérience et ils peuvent aussi apporter un regard très précieux sur son parcours.
Il arrive bien sûr que les aspirations du jeune et celles de ses parents ne soient pas tout à fait les mêmes. Dans ce cas, mon rôle n’est pas de prendre parti, mais plutôt de créer un espace de dialogue et de remettre des éléments concrets dans la discussion : qu’est-ce qui attire réellement le jeune ? Quelles sont ses aptitudes ? Que demande la formation envisagée ? Quels sont les débouchés ? Quelles sont aussi les contraintes familiales, géographiques ou financières dont il faut tenir compte ?
Très souvent, certaines inquiétudes viennent simplement d’un manque d’information ou d’une représentation différente d’une formation ou d’un métier. Le fait d’explorer ensemble les différentes possibilités permet déjà de faire évoluer la discussion.
À la fin, c’est bien le jeune qui va vivre ses études et construire son parcours. Il est donc essentiel qu’il puisse s’approprier ses choix, tout en avançant dans un dialogue constructif avec ses parents.
8. Quel premier conseil donneriez-vous à un jeune, en France ou à l’étranger, qui se sent perdu face à son orientation et ne sait pas encore quelles études ou quel métier choisir ?
Je lui dirais d’abord que c’est parfaitement normal de ne pas savoir. Un jeune peut avoir des centres d’intérêt, des envies, des idées, sans pour autant savoir exactement quelles études choisir ou quel métier exercer plus tard.
Je pense aussi qu’il faut sortir de l’idée que le choix que l’on fait aujourd’hui va déterminer toute notre vie professionnelle. Les parcours sont de moins en moins linéaires, les métiers évoluent, de nouveaux apparaissent, et l’intelligence artificielle va encore accélérer certaines de ces transformations.
C’est pour cela que je conseille aux jeunes de ne pas chercher à tout prix un métier précis, mais plutôt de réfléchir à ce qui les intéresse, à ce qu’ils ont envie d’apprendre et surtout aux compétences qu’ils souhaitent développer. La capacité à analyser, argumenter, communiquer, s’adapter, apprendre de nouvelles choses ou travailler avec les autres sera probablement tout aussi importante que les connaissances acquises à un moment donné.
Il n’y a donc pas un “bon” ou un “mauvais” choix qui déterminerait tout le reste. Il y a un choix à faire à un moment donné, avec ce que l’on connaît de soi aujourd’hui, en sachant que l’on continuera à apprendre, à évoluer et parfois à changer de direction.
Et c’est finalement ce que je trouve rassurant dans l’orientation : on ne choisit pas toute sa vie à 17 ans, on choisit simplement la prochaine étape.
