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Georgiana Maës-Onesim : huit questions sur FITH et l’immersion française

Interview de la fondatrice de FITH sur les cours de français en immersion et les besoins des expatriés.

Georgiana Maës-Onesim, fondatrice de FITH

Rencontre avec Georgiana Maës-Onesim, fondatrice et directrice du réseau FITH, qui explique son approche de l’apprentissage du français par l’immersion chez le professeur.

1. Pouvez-vous vous présenter et nous raconter l’histoire de votre entreprise ?

Je m’appelle Georgiana Maës-Onesim. Diplômée des universités Paris-Sorbonne (Paris IV) et Sorbonne Nouvelle (Paris III), en lettres et en français langue étrangère, j’enseigne le français depuis plus de vingt ans. Je parle également anglais, italien et roumain : je connais donc personnellement le plaisir d’apprendre une langue, mais aussi les hésitations que l’on peut éprouver au moment de la parler.

En accueillant des étudiants chez moi, j’ai constaté combien le partage du quotidien pouvait enrichir l’apprentissage. Une conversation à table, une sortie au marché ou une promenade deviennent des occasions de pratiquer naturellement, dans un cadre rassurant.

C’est cette approche que j’ai souhaité développer avec FITH, French Immersion Teacher Home : un réseau de professeurs qui associent enseignement personnalisé, accueil chez eux et découverte de leur région.

2. Quelle est votre spécialité et quels services proposez-vous aujourd’hui ?

Notre spécialité est le séjour linguistique en immersion chez le professeur. Nous associons des cours individuels, un hébergement et des moments de vie partagés pour permettre aux participants de pratiquer le français tout au long de la journée.

Le contenu des cours et le choix des activités tiennent compte du niveau, des centres d’intérêt et des objectifs de chacun : mieux comprendre les conversations, améliorer sa prononciation, consolider ses connaissances ou retrouver le plaisir de parler.

Nous accueillons notamment des adultes et des retraités, seuls ou accompagnés. Mon rôle consiste à les orienter vers le professeur le plus adapté et à coordonner la préparation de leur séjour.

3. Quelle place occupent les expatriés et les Français de l’étranger dans votre activité ?

Notre clientèle est avant tout internationale. Pour les Français de l’étranger, notre offre peut répondre à un besoin très concret : permettre à un conjoint non francophone ou à un membre de la famille de mieux maîtriser le français et de se sentir plus à l’aise lors des séjours en France.

L’immersion peut également accompagner un projet d’installation ou de retour en France, ou permettre à une personne qui pratique peu le français dans son pays de résidence de retrouver ses automatismes.

Nous partons toujours de la situation personnelle du participant pour construire un séjour pertinent, à son rythme.

4. Quelles sont les principales difficultés que rencontrent vos clients ?

Beaucoup de participants connaissent déjà les règles de grammaire, mais peinent à suivre une conversation spontanée ou à prendre la parole. La peur de se tromper peut aussi freiner les échanges.

D’autres manquent simplement d’occasions de pratiquer régulièrement, malgré des années de cours.

L’immersion apporte une continuité entre l’apprentissage et son utilisation réelle. Une difficulté rencontrée pendant une conversation peut être reprise en cours, puis travaillée à nouveau dans la journée. Le professeur adapte ses explications et ses corrections pour aider la personne à progresser sans la décourager.

5. Pouvez-vous nous raconter un exemple concret d’accompagnement réussi ?

Je pense notamment à une participante revenue pour une nouvelle immersion. Elle souhaitait poursuivre ses progrès tout en retrouvant le plaisir des échanges et de la vie partagée.

Cette nouvelle expérience lui a permis de réutiliser ses acquis dans des situations variées et d’aller plus loin dans les conversations. Pour moi, ces retours sont particulièrement significatifs : ils montrent qu’un séjour peut créer une motivation durable et donner envie de continuer à apprendre.

La réussite ne se mesure pas uniquement aux connaissances acquises. Elle se voit aussi lorsqu’une personne ose poser davantage de questions, raconter une expérience ou prendre spontanément part à une discussion.

6. Quels sont les trois conseils essentiels que vous donneriez à un Français qui prépare son expatriation ou son retour en France ?

Le premier est d’anticiper les besoins linguistiques de toute la famille. Lors d’un retour en France, par exemple, un conjoint non francophone peut avoir besoin de préparation pour gagner en autonomie dans la vie quotidienne.

Le deuxième est de privilégier une pratique régulière et concrète. Des connaissances théoriques sont utiles, mais il faut aussi s’entraîner à comprendre différents interlocuteurs, à demander une précision et à s’exprimer dans des situations courantes.

Le troisième est de ne pas attendre de parler parfaitement pour créer des liens. Participer à une activité, rejoindre une association ou échanger avec ses voisins aide à la fois à progresser et à se sentir chez soi. La langue est aussi un moyen de construire son nouvel environnement social.

7. Comment voyez-vous évoluer votre métier dans les prochaines années ?

Je pense que les outils numériques et l’intelligence artificielle prendront une place croissante dans l’apprentissage des langues. Ils offrent des possibilités intéressantes pour s’entraîner et entretenir ses acquis.

Parallèlement, je crois que la rencontre humaine restera essentielle. Comprendre l’humour, les habitudes, les nuances et les références culturelles se nourrit des échanges vécus.

Je vois donc notre métier évoluer vers une complémentarité entre les outils de préparation à distance et des séjours très personnalisés, où l’on vient autant pratiquer une langue que découvrir une manière de vivre.

8. Pourquoi avez-vous choisi de rejoindre le Club des Expatriés et quel message souhaitez-vous adresser à notre communauté internationale ?

J’ai souhaité rejoindre le Club des Expatriés parce que notre activité partage avec votre communauté une même ouverture aux langues, aux cultures et aux rencontres.

Vivre entre plusieurs pays peut être une grande richesse, mais cela demande aussi de trouver sa place dans des environnements différents. Nous pouvons y contribuer en aidant les personnes à se sentir plus à l’aise en français et à mieux comprendre la vie quotidienne en France.

Mon message est simple : quels que soient votre âge et votre niveau, vous pouvez progresser. Avec un accompagnement adapté et un cadre bienveillant, parler français peut devenir un plaisir et une source de nouvelles rencontres.